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Origine
Localisation
Codification de la décoration des stèles
Conclusion

Les Stèles d'Airoux
Les Stèles de Baraigne
Les Stèles des Casses
Les Stèles de Cumies
La Stèle de La Barthe
La Stèle de Labecede
La Stèle de Marquein

La Stèle de Molleville
Les Stèles de Montferrand
Les Stèles de Montmaur
Les Stèles de Ricaud
Les Stèles de Souilhanels
Les Stèles de Soupex
Les Stèles de St Michel de Lanes

Préambule
Principalement basé sur les travaux de Pierre Ucla, Léo Barbe, JClaude Richard et Michel Passelac , qui les premiers ont établis une codification et un tableau analytique de toutes les stèles discoïdales du Languedoc, les lignes qui suivent se borneront autant que faire ce peut, à une étude plus archéologique qu'ésotérique de ces monuments. J'espère néanmoins que ce document répondra à vos questions. Bonne lecture.

ORIGINE DES STELES DISCOIDALES

Les stèles discoïdales sont avant tout des monuments funéraires qui ont marqués les tombes de certains de nos ancêtres ce dernier millénaire. La croix en a été le principal motif de décoration, pour ce symbole hautement religieux, des millions d'hommes sont morts.
Ce sont des pierres, dressées sur les tombes à partir du Moyen Age. Elles étaient plantées du côté de la tête du défunt.
Il semble que le pays basque ait été le berceau de cette coutume, quand l'Eglise commença à être bien implantée et une abondant documentation en atteste la présence au moins dés le Xe siècle.
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Tombe avec stéle discoïdale
Pourquoi la forme discoïdale ? - Il semble bien qu'une des clés du problème soit dans la parenté de la stèle et de la meule.
La mouture use très rapidement les meules calcaires et leur entretien suffit à occuper, dans chaque bourgade, le tailleur de pierre spécialisé qui dresse la surface et redonne du relief aux crans.
Une délibération de 1495 du Consulat de Foix apporte un élément précieux à cette hypothèse : on vole à cette époque à Foix des pierres tombales au cimetière pour en faire des meules. Il s'agit évidemment de discoïdales, pour lesquelles l'essentiel du travail était fait.
Et si l'on se fit à la localisation géographique on ne manque de remarquer que les stèles discoïdales se trouvent généralement dans des régions essentiellement céréalières.
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Cathares ? - La date et la situation de ces stèles, ainsi que certaines particularités symboliques (croix à branches égales, croix perlés du Languedoc) ont amené Déodat Roché à l'hypothèse qu'il s'agissait de monuments cathares. Par une coïncidence troublante, des stèles du même type ont été trouvée en Bulgarie dans la région de Sofia où le bogomilisme (origine du catharisme), naquit. Mais ces stèles seraient en fait du XIXe siècle.
Une étude systématique, telle que celle faite par Georg Wild, ne permet pas de retenir cette hypothèse.
On peut écarter tout rapprochement entre ces monuments et le catharisme.
En effet :
- Quand on peut les dater, ils sont postérieurs à la période où le catharisme aurait pu avoir des sépultures.
- Si leur nombre est élevé en Lauragais, ils se rencontrent aussi dans des régions où le catarisme n'a jamais pénétré ou très peu (Pays Basque, Chalosse, Gascogne, Suède...)
- Si ces monuments avaient été connus comme cathare par la population et le clergé de l'époque, ils ne seraient jamais parvenus jusqu'à nous dans une région où l'Inquisition faisait exhumer les cadavres et détruires les maisons.
- Les cimetières cathares auxquels font illusion les sources historiques se trouvent dans des localitées où l'on n'a pas retrouvé de discoïdales comme à Puylaurens.
- Les arguments reposant sur la symbolique de l'ornementation sont entiérement gratuits . Ils ont d'ailleurs entraîné plusieurs auteurs dans des généralisations ou des approximations indéfendables comme les croix de fer forgé de la Hte Ariège présentées comme cathares au seul motif qu'elles sont fleurdelysées, alors qu'elles remontent au plus au XVIIe siècle.
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LOCALISATION DES STELES

Localisation géographique - Parfaitement caractérisées, on trouve des stèles discoïdales dans les cimetières étrusque de Bologne en Italie, en Syrie chétienne, dans l'Espagne pré-romaine et gallo-romaine, au moyen âge en Catalogne, au Portugal, au Pays Basque du Xe siècle à nos jours, en Wesphalie, en Suède (XIIe siècle), dans le Maghreb jusqu'à l'époque contemporaine.
Et bien sûr en France à Vaison (Vaucluse), dans les confins gascons du Pays Basque, dans la Gascogne gersoise, à Moissac (Tarn et Garonne), à Mende (Lozère), dans l'Aveyron et dans le Lauragais où nous limiterons cette étude. (6)
Les stèles d'Espagne

Les stèles du Lauragais sont, pour la quasi totalité, rassemblées dans les cimetières ou autour des églises. Il en subsiste quelques unes en bordure des chemins ou sur des murs de fermes. L'usage pour les sépultures modernes est courant. On en trouve dans des cimetières postérieurs à la Révolution.
La majorité des stèles du Lauragais se trouve dans un rayon de 20 km autour de Castelnaudary.
A Belpech, St Michel de Lanes, Pexiora, Montferrand, Baraigne et Les Cassés, les stèles ont été regroupées pour éviter les dégradations et rendre aisée leur observation.

Emplacement des stèles - Aucune des stèles recencées n'est plus à sa place d'origine, mais les témoignages formels attestent que les collections les plus importantes ont été découvertes dans des cimetières aujourd'hui désaffectés, comme à Carcassonne (cimetière St Michel), Montferrand, Pexiora et autres.
Il n'y a donc aucun doute qu'il s'agit de stèles funéraires, chrétiennes d'aprés leur décoration.(5)


CODIFICATION DE LA DECORATION DES STELES

A partir du dépouillement d'une quinzaine d'études sur ce sujet, depuis celle de Dusan en 1866, l'archéologue Pierre Ucla(7) a effectué des recherches sur le terrain qui lui ont permis de retrouver la trace de 175 stèles dans 52 localités de l'Aude.
Il était impératif qu'un classement et une codification fût établi, en voici le résultat à rapprocher des codes des tableaux analytiques des stèles de chaque commune.

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CONCLUSION

Il ne faut pas penser que "tout est dit et vient trop tard". Des exemples récents nous montrent qu'on découvre encore des stèles dans la région et que des stèles qui avaient disparu sont retrouvées.
Il faut chercher, questionner. Compte tenu des nombreux vols constatés, il semble indispensable que toute stèle soit scellée de façon inviolable et, peut-être que ces reliques du passé soient concentrées en des lieux où la surveillance par le voisinage est mieux assurée, plutôt au centre de l'agglomération qu'en un cimetière éloigné.
Ainsi ces stèles qui étaient semble-t-il tombées dans l'oubli pendant quelques siècles, pourront-elles être définitivement sauvées et concourir, d'une façon appréciable, à la compréhension de l'histoire d'une région, qui a encore tant à nous faire découvrir.
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Bibliographie
(1) Daniel BONHOURE – Avignonet Lauragais – SI, MJC et Commune d’Avignonet 1989.
(2) Docteur Charles Boyer - Excursion Archéologique dans la Piège Baraigne 1933
(3) MB Marty-Jeanjean - Vilatges Al Pais dans la Piège - Conseil Général de L'Aude 1997
(4) René NELLI - Les Cathares - Ed. Ouest France 1980
(5) RICHARD-BARBE-UCLA-PASSELAC - Les Stèles discoïdales - Archéologie en Langudoc 1980
(6) Jean DUVERNOY - La Religion des Cathares - Le Catharisme - Privat 1976
(7) L'archéologue Pierre Ucla est malheureusement décédé dans un accident de voiture.

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