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HISTOIRE DE LA REGION
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1400 - 1560 : Le pastel
1560 - 1660 : La fin du pastel - Les Guerres de Religions
1660 - 1780 : Les réformes économiques
1780 - 1850 : La Révolution
1850 - 1900 : L'autre révolution
1900 - 1950 : Les deux Guerres
1950 - 2000 : Le second souffle

 

 




1400 - 1560 : Le pastel

Une grande disette frappa en 1414.
A Baraigne en 1433, Bernard de Varagne était l'envoyé du Sénéchal de Toulouse.
La guerre de Cent ans et ses pillages incessants prirent fin aux environs de 1450. (1)
En cette fin de siècle le Lauragais enregistra une recrudescence d'épidémies de peste.
En 1473 et surtout en 1480-1481 les victimes de la peste bubonique furent nombreuses à Baraigne et les villages environnants.

Senechaussee Lauragais
C'est au cours de cette période que la capitale du Lauragais fut transférée de Laurac à Castelnaudary.
En 1485, Jean de Buisson, fils de Bernard de Varagne, était seigneur de Baragne et Capitoul de Toulouse.
C'est sur des ruines et des champs en friche, que les habitants du Languedoc allaient redresser la tête. Pendant un siècle en effet la région connut une paix relative.
Ce fut entre 1460 et 1562 que se situa l'age d'or du pastel en Lauragais. Les feuilles de pastel cultivé, donnaient des teintures d'un bleu indélébile.
Le meilleur produit provenait du Lauragais. La culture relevait du jardinage, le travail du sol et la cueillette nécessitaient une abondante main-d'œuvre, la population paysanne de la région était certainement très dense à cette époque.
Le nombre de moulins était important, les uns pour moudre le blé et les autres pour écraser les feuilles de pastel séchées.
Réduites en boules de 15 cm de diamètre, elles formaient des coques (gâteaux) ou cocagne, d'où le nom de pays de cocagne.(5)

A Baraigne deux moulins à pastel étaient dénombrés. La région était prospère, la première construction du château de Baraigne date de ce moment là. Sur la maison des maîtres "de Buisson", seigneurs des lieux.

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1560 - 1660 : La fin du Pastel - Les Guerres de religions

La fin du Pastel - Au milieu du XVIe siècle, l'économie du pastel se trouva aux prises de trois ennemis dont les coups se révélèrent mortels.
Le premier ennemi fut l'épisode de la guerre de Religions.
Les impôts et les péages assénèrent un second coup à la culture du pastel.
Enfin le troisième, danger mortel celui-ci, fut l'indigo, de l'Indigotier qui poussait en Asie et aux Antilles. Beaucoup moins cher que le pastel du Lauragais, son pouvoir colorant était nettement supérieur.
Le déclin du pastel fut rapide. Dés 1618 le député de Toulouse aux État signala que "l'usage du pastel s'en va tout à fait ruiné".(5)

Les Guerres de religions - Après l'épisode "cathare", la région restait très frondeuse pardonnant mal les exactions de l'Inquisition et comptait de nombreux protestants. Dans l'aude en 1531, avaient été prêchées de nouvelles idées religieuses et en 1558 des troupes de protestants existaient dans la plupart des villes.
La Réforme pénétra sans peine dans le Languedoc où le clergé lui même fut parfois gagné à sa cause. En 1561 l'archevêque de Toulouse se fit protestant.
Les troubles religieux durèrent de 1560 à 1596. Leur caractère, très confus, permet cependant de distinguer la période des massacres, celle des guerres entre catholiques et protestants, enfin la période de la Ligue, dressée contre Henri III et Henri IV.

Les massacres - Ils eurent lieu entre 1560 et et 1562.
A Carcassonne, des protestants renversèrent une statue de la Vierge : ils furent exécutés, mais la foule massacra d'autres protestants rencontrés dans les rues. Deux ans plus tard, quelques centaines de protestants, revenant du prêche, célébré hors des remparts, selon la loi, trouvèrent à leur retour les portes de la ville fermées. Après trois jours d'attente, harcelés par les catholiques, ils durent s'enfuir. Beaucoup furent noyés dans l'Aude.
A Castelnaudary, la même année, cinquante protestants, parmi lesquels un haut fonctionnaire des finances et plusieurs conseillers au Tribunal, furent assassinés en plein jour.
A Limoux, les protestants se rendirent maître de la ville et tuèrent des catholiques. Ils furent bientôt chassés et soixante des leurs pendus.

La Guerre - Par la suite les deux parties s'organisèrent, mais les effectifs restèrent faibles : au plus 4 à 5000 hommes. Les principales villes, à l'abri derrière leurs remparts, ne furent jamais sérieusement inquiétées. Mais les villages, les châteaux souffrirent beaucoup. La disette s'ajouta à la peste et les deux adversaires conclurent de nombreuses trêves, en général respectées, pour protéger le labourage, la moisson et le pacage du bétail.
La région audoise fut le théâtre habituel de luttes entre catholiques concentrés autour de Toulouse, et protestants , devenus très forts dans les Cévennes et le Bas-Languedoc. Nîmes et Béziers étaient leurs forteresses.
C'est ainsi que le Mas Stes Puelles devint dés la moitié du XVIe siècle une des places fortes les plus importantes des Huguenots. De 1564 à 1622, l'hérésie de Calvin y fut maîtresse.
Partant du Mas où ils s'étaient établis en 1561, les protestants firent de nombreux raids sur les villes et villages voisins.
Les pillages, les destructions de villages et de bourgs se multiplièrent.
Souvent la prise d'un village ou d'un château était suivie d'exécutions en masse.
En 1572 toutes les églises du pays brûlèrent.
Baraigne ne fut pas épargné, mais seuls une partie de la nef et du clocher seront détruits.
En 1575 l'armée royale reprenait le château de Villeneuve la Comtal et assiégeait le Mas Stes Puelles, la garnison aidée par les habitants repoussa victorieusement ses attaques et le Duc de Joyeuse qui la commandait dût lever le siège après avoir perdu trois cents hommes.
En 1581, Henri de Navarre, le futur Henri IV envoya des émissaires au Mas pour s'informer et calmer les Protestants.
Deux nouveaux assauts en 1583 et 1586 n'eurent d'autres effets que de ravager la région.
Castelnaudary, Carcassonne et Narbonne restèrent au pouvoir des catholiques.

La Sainte Ligue - L'autorité royale, impuissante à faire cesser les troubles, fut vite méconnue. Deux grandes familles, celle des de Joyeuse à Toulouse, et celle des de Montmorency, qui fournissait le gouverneur de la Province, entrèrent en conflit. Sous le règne d'Henri III, l'association catholique appelée la Sainte Ligue, fit de Toulouse une de ses places fortes et du duc de Joyeuse, son chef en Languedoc. Le duc de Montmorency resta fidèle au roi et groupa des catholiques, désireux d'en finir avec les troubles, et des protestants modérés. Les villes et les villages durent se déclarer pour ou contre la Ligue.
En 1589, lors de l'avènement d'Henri IV, Castelnaudary, Narbonne et Limoux, villes ligueuses, s'opposèrent à Carcassonne, ville royaliste.
En 1591, l'état d'épuisement de la province était tel que de longues trêves furent signées. Bientôt l'abjuration d'Henri IV, sa réconciliation avec la papauté, amenèrent la fin des guerres de religion. Et la promulgation de l'Edit de Nantes le 13 Avril 1598, établit un calme "officiel" jusqu'à sa révocation en 1685.
Il proclamait l'amnistie pleine et entière pour le passé et le libre exercice de la religion réformée.

Les derniers troubles - Pour l'Aude, comme pour toute la France, la sage administration d'Henri IV et de Sully ramenèrent peu à peu la prospérité. Le calme succédant aux nombreuses années de ruine et de massacre permit aux populations de travailler et refaire la fortune des villes et des campagnes. Mais cette brève et heureuse période prit fin avec les troubles de la minorité de Louis XIII.
Les protestants des Cévennes et de Nîmes à l'est, et ceux de Montauban, à l'ouest, voulurent, sous le commandement du duc de Rohan, maintenir leurs communications à travers le pays audois. Par contre le duc de Montmorency encore fidèle au roi, cherchait à leur interdire le passage. Comme par le passé, les campagnes furent le plus éprouvées.
En 1622, Louis XIII et l'armée royale, forte de dix milles soldats, douze canons et six cents chariots traversa la région d'ouest en est. Le roi soumit Caraman et Cuq, aux confins du Lauragais, le 3 Juillet prit le Mas Saintes Puelles qui fut incendié et mis à sac.
L'incendie dura huit jours et le village fut rasé le mois suivant par ordre du conseiller Bertrand de Molleville ministre du roi. (4)
Le roi resta quelques jours à Castelnaudary, puis gagna Carcassonne où il visita la Cité. Le jour de son départ, un terrible incendie consuma 250 maisons dans le quartier des Capucins.
Le duc de Rohan, s'étant allié au roi d'Angleterre et d'Espagne, manoeuvra souvent dans la région de Castelnaudary d'où il pouvait surveiller les routes vers Castres, Toulouse, Mirepoix. Le 3 novembre 1627, il livra bataille au duc de Montmorency entre Souilhanels et Souilhes : le combat fut indécis.
La paix fut rétablie en 1629, par la "Grâce d'Alès", imposée par Richelieu. Les protestants perdirent leurs places de sûreté et leurs garnisons, mais gardèrent la liberté de conscience.
Un malheur ne venant jamais seul, la peste continuait de ravager le Lauragais, trois épidémies en 1628, 1629 et 1630 décimèrent les populations.

Le duc de Montmorency - Mais un nouveau conflit éclata dans le Languedoc. Le duc de Montmorency possédait dans la province une autorité considérable. Il s'éleva contre le pouvoir de Richelieu, qui voulait, après la défaite des protestants, abaisser l'orgueil et l'autorité des grands seigneurs. Il s'allia au frère du roi, Gaston d'Orléans, négocia avec l'Espagne, et contraignit les Etats du Languedoc à l'appuyer.
Le duc de Montmorency voulut s'emparer de Narbonne, qui aurait assuré les communications avec l'Espagne, dont il attendait des secours. Mais les Narbonnais chassèrent de la ville tous les partisans du duc et reçurent plusieurs centaines de soldat du roi débarqués sur la côte.
Carcassonne prêta également un serment spécial de fidélité au roi. Des opérations de guerre civile avaient commencées. Les amis de Montmorency, maîtres de Lézignan, Montréal, Fanjeaux, s'attaquèrent au château de Montlaur, mais une sortie des habitants de Carcassonne fit lever le siège.
L'armée des révoltés partit de Béziers, à la rencontre de l'armée royale commandée par le Maréchal de Schomberg et installée au environs de Castres.

Montmorency à la bataille de Castelnaudary
La rencontre eut lieu sur les bords du Fresquel, au nord de Castelnaudary. Elle fut très brève : le duc de Montmorency chargea avec furie, comme s'il cherchait la mort. Il traversa six rangs de soldats et tomba atteint de plusieurs balles. Cette bataille mit fin à la guerre civile, car l'armée du frère du roi se dispersa sans combattre.
Le duc de Montmorency blessé, fut jugé, condamné à mort et exécuté à Toulouse, dans la cour de l'Hôtel de Ville, le 22 octobre 1632.
Son corps fut conduit par deux prêtres en l'église Saint-Saturnin dans le carrosse du cardinal de la Valette, abbé des lieux. Le corps et la tête de Montmorency furent placés provisoirement dans la chapelle de Saint-Exupère. En ouvrant le corps pour l'embaumer, les chirurgiens y trouvèrent cinq balles et comptèrent quinze ou seize blessures reçues au combat de Castelnaudary. Ils recousurent la tête au corps avant de l'embaumer.
Louis XIII et le Cardinal de Richelieu vinrent dans la province pour assister au jugement. Par Montpellier et Béziers, ils arrivèrent à Narbonne, subissant un terrible orage qui inonda la plaine et fit périr trois cents personnes, noyées par la crue de l'Aude. Le roi visita le champ de bataille de Castelnaudary puis gagna Toulouse.
La guerre de Trente ans - Le Languedoc ne resta pas longtemps paisible. La guerre de Trente ans ayant éclaté entre la France et l'Espagne, les Espagnols, après de longs préparatifs, envahirent le Languedoc. Le duc d'Halwin, fils du maréchal de Schomberg, rassembla une armée dans laquelle les habitants des villes languedociennes fournirent une large part de l'effectif.
Le 27 septembre 1636, les milices de Narbonne, de Carcassonne, de Castres, de Béziers, de Montpellier, les dragons de Toulouse, le régiment de Languedoc, et d'autres troupes, entraînées par une ardente noblesse, se portèrent à l'assaut des retranchements espagnols, les enlevèrent, capturant plusieurs milliers de prisonniers et toute l'artillerie ennemie. Dans le château de Leucate délivré, une messe solennelle fut célébrée et l'enthousiasme éclata dans toute la province.
La région narbonnaise servit pendant plusieurs années de base d'opérations à l'armée française chargée de faire la conquête du Roussillon. Le Roi et le Cardinal reparurent à Narbonne pendant le siège de Perpignan, victorieusement terminé le 29 août 1642.
Avec l'annexation du Roussillon à la France par le Traité des Pyrénnées en 1659, l'histoire militaire de la région audoise prenait fin pour une longue période.(13)
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1660 - 1780 : Les Réformes économiques
Sous le règne personnel de Louis XIV, l'autorité royale, devenue très forte, s'imposa aussi bien aux états qu'aux villes. Et le Languedoc bénéficia largement des réformes économiques entreprises par Colbert : à partir de 1666 commencèrent les travaux du Canal de Languedoc, et vers la même époque s'établit le système des manufactures privilégiées qui assurèrent à la région audoise un extraordinaire développement de l'industrie textile.

Le Canal de Languedoc - Pierre-Paul Riquet, né à Béziers en 1604, était haut fonctionnaire des finances et grand propriétaire : une de ses propriétés se trouvait dans la Montagne Noire et sa connaissance parfaite de la région lui permit d'étudier avec soin les projets, pour réunir, par un canal, la Méditerranée à l'Océan, ou plutôt à la Garonne. Riquet démontra qu'il était impossible de conduire à Naurouze les eaux de l'Ariège, mais que de nombreux ruisseaux de la Montagne Noire pouvaient fournir l'eau nécessaire au canal.
Canal Royal
Source Riquet
Les recherches - " Riquet fut longtemps à ne retirer de ses longues rêveries et de ses courses infructueuses, que la désolante persuasion de l'inutilité de ses recherches. Un jour enfin se trouvant à peu de distance des Pierres de Naurouze, prés d'une source, la fontaine de la Grave, il vit avec surprise les eaux qui en jaillissaient se séparer d'elles-mêmes et couler en deux sens opposés.
Riquet entrevit dès lors que si l'on parvenait à réunir sur ce point une quantité d'eau suffisante pour alimenter un canal à deux versants, on pourrait ensuite, par le moyen d'écluses, descendre vers les deux mers.
Il chercha alors dans la Montagne Noire les sources qui devaient réaliser toutes ses espérances. Infatigable, il ne négligea aucun filet d'eau. Il ne fut aidé dans ce travail que par deux simples ouvriers de Revel et cependant, il ne commit aucune erreur.
Quand il eut mûri son plan, il crut pouvoir le soumettre à Colbert avec la confiance du succés. Dans la joie que lui inspirait sa découverte, il adressa une première lettre datée du 26 novembre 1662, dans laquelle il lui exposait, avec toute la chaleur de la conviction, la marche de ses idées, ses doutes et la manière dont ils les avaient dissipés et enfin la certitude d'un résultat qu'il gardait désormais comme assuré." (Guide du voyageur - Toulouse 1853)

La construction - Louis XIV décida la construction du canal par l'Edit d'octobre 1666. Riquet poussa activement les travaux, employant de 10 à 12000 ouvriers. On fit d'abord la Rigole de la Montagne Noire, la Rigole de la Plaine et le canal de Toulouse à Trèbes. Le bassin de St-Ferréol, construit à partir de 1667, fut ajouté au plan primitif.
Vers la Méditerranée on hésita avant de décider que le canal irait s'achever dans l'étang de Thau sur les bords duquel on aménageait le port de Sète. Narbonne avait demandé, sans succés, que le canal fut dirigé vers le port de La Nouvelle.

L'inauguration - Riquet, mort en octobre 1680, ne vit pas l'inauguration du canal.
Le 15 mai 1681, les eaux du bassin de Saint-Ferréol, se déversant à partir de Naurouze vers l'océan et la Méditerranée, commencèrent à remplir le canal. Le même jour, au cours d'une grande cérémonie religieuse, célébrée à Toulouse dans la cathédrale St Etienne, toutes les pensées allèrent vers Riquet enseveli sous un pilier de l'église.
Puis une barque, richement ornée et portant l'Intendant d'Aguesseau, le comte de Caraman, fils de Riquet et une nombreuse suite, partit vers l'Est, atteignant Castelnaudary le 17 mai.Après diverses cérémonies auxquelles assista l'archevêque de Narbonne, le voyage continua vers Béziers. Le cortège officiel était suivi par une vingtaine de barques, chargées de marchandises anglaises et hollandaises expédiées vers la foire de Beaucaire. Sur tout le parcours, la population languedocienne acclamait les passagers.
Le Canal du Languedoc fut le plus beau travail réalisé dans le monde entier au XVIIe siècle, il rendit des services considérables à la province pour le transport des vins et des blés, car le charroi sur les routes était lent, bien plus pénible et onéreux.
Obelisque et pierres de Naurouze
Bassin de partage des eaux
Les chiffres - Les dates les plus importantes de cette œuvre gigantesque furent :
1662 Proposition de Pierre Paul Riquet à Colbert.
1665 Adoption du projet par les commissaires royaux.
1667 Commencement des travaux.
1668 Essais de navigation sur la rigole de la plaine.
1680 Décès de Pierre Paul Riquet.
1681 Ouverture de la navigation.

L'ouvrage occupa douze milles ouvriers et coûta seize millions de livres. Il fut terminé en quatorze ans.
La réception définitive eut lieu le 16 Mars 1685.
Le canal du Midi, de la Garonne à l'étang de Thau a une longueur de 241 Kilomètres et comporte 62 écluses.
Le réservoir de St Ferreol qui l'alimente contient plus de six millions de mètres cubes d'eau, volume supérieur à la capacité totale du canal
.(4)
Son ouverture en 1681 marqua le début de l'âge d'or du blé. Le canal désenclava le Lauragais et connaîtra un intense trafic.
(5)
L'Industrie drapière - L'industrie drapière fut transformée par le règlement du 2 septembre 1666, préparé par ordre de Colbert qui voulait diriger étroitement toute l'activité économique. Chaque pièce fabriquée devait être présentée aux gardes jurés des manufactures, qui la marquait, indiquant qu'elle était conforme au règlement et de bonne qualité.
La manufacture la plus remarquable, celle des Saptes, prés de Conques, remontait au XVe siècle, et des ouvriers hollandais, catholiques, y travaillaient depuis 1620. Elle reçut le titre de manufacture royale. En 1689 elle occupait 200 ouvriers et fabriquait beaucoup de pièces de drap appelés londrins, pour l'exportation. Plus tard la manufacture de la Trivalle à Carcassonne fut aussi érigée en manufacture royale. Mais de nombreuses usines libres étaient créées. On en comptait une cinquantaine en 1709. L'industrie textile se développa dans la Montagne Noire ( Caunes, Saissac, St Denis, Montolieu, Cuxac, Mas Cabardes, Cennes, etc...), puis à Limoux et Chalabre.
L'excellence des produits fabriqués dans la région audoise assura une vente facile à Constantinople, Smyrne, Alexandrie où parvenaient les tissus, obligatoirement expédiés par le port de Marseille.
Mais la prospérité, résultat d'un travail acharné, fut gravement compromise par la longue guerre de la Succession d'Espagne qui porta préjudice au commerce en Méditerranée.
Les levées d'hommes, les impôts accablaient le pays auquel de terribles hivers firent beaucoup de mal.

Le déclin - Il commença en 1679 avec la faillite du commerce qui entraîna la rareté de l'argent, les intempéries l'accélèrent.
La sécheresse et le froid rigoureux plongèrent la région dans une situation proche de l'anéantissement.
A l'automne 1679 on ne pouvait plus labourer, le blé ne poussa pas, ainsi qu'en 1681, 1682 et surtout 1683. Les puits étaient à sec. Les processions et les prières n'arrivaient pas à faire pleuvoir.
Les paysans n'eurent plus la possibilité de fumer leurs champs. Le pain devenait rare et cher. Le nombre de malades et de morts augmenta. Pour se nourrir il ne restait plus que le millet, les navets et les fèves. Au plus mal, on mangeait du chiendent.
Les paysans ne pouvaient plus vivre sur leurs terres et essayaient de trouver d'autres occupations.
Louis XIV ruinait le pays avec ses guerres.

Il y eut six crises graves : 1683, 1693, 1710-1714, 1726-1734,1752-1753 et 1783-1784.
A l'automne 1709 on cru à la fin de la sécheresse. L'espoir renaissait. Les champs regorgeaient d'eau, la plaine d'Avignonet était inondée. Mais le froid s'abatit sur la région, les arbres éclatèrent. La rigueur de l'hiver détruisit la récolte de blé. Les champs devinrent des friches.
En 1710, à Baraigne, le village fut près de la désertion. Les intempéries devinrent moins rigoureuses après 1753.
L'agriculture commença à revivre grâce au maïs qui arrivait d'Amérique et qui venait d'apparaît dans le Lauragais. Il fut côté pour la premiére fois au marché aux grains de Castelnaudary en Novembre 1673. Le maïs devint avec le blé pendant deux cents ans, la nourriture de base des hommes et des animaux (pain de maïs et surtout millas).
Il était temps, le nombre d'habitants de Baraigne était inférieur à 40.

Mais le mauvais temps sévit encore, les récoltes furent mauvaises en 1763 et 1764. En 1781 elles furent "emportées par le brouillard".(1)
La période fut qualifiée plus tard de mini "Age glaciaire". Elle est ici clairement identifiée.
En dépit de ces quelques crises, de la mort de Louis XIV en 1715, à la Révolution, la région audoise présenta, tous les signes d'une période de progrés et d'activité.

Environs de Baraigne en 1770

L'industrie textile - Elle atteignit son apogée en 1729. Mais vers 1780, une grave crise menaça : les difficultés s'élevaient entre patrons et tisserands, ceux-ci se plaignaient de la dépréciation constante de leur travail.
Les mêmes plaintes s'élevaient des rangs des commerçants. Il fallait obligatoirement envoyer les draps à Marseille et les vins à Bordeaux.
La circulation de toutes les marchandises était soumise à des règlements multiples et confus.

L'agriculture - La production augmentait, la culture et l'élevage se perfectionnaient peu à peu, mais les impôts écrasants, les droits féodaux perçus avec plus de rigueur que jamais exaspéraient les paysans. Ceux-ci convoitaient aussi les terres des nobles et surtout celles du clergé souvent mal travaillées.
La population des campagnes augmentait et de nouvelles terres étaient nécessaires. La décadence des abbayes presque désertes, la sévérité de certains seigneurs aviva les ressentiments dans les campagnes.
Tous les éléments d'une crise majeure étaient en place, la Révolution pouvait commencer...



1780 - 1850 : La Révolution
1850 - 1900 : L'autre révolution
1900 - 1950 : Les deux Guerres
1950 - 2000 : Le second souffle

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