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L'EGLISE Ste MARIE DE BARAIGNE

  Présentation
L'Abside
La Nef
Le Portail
Le Clocher
Ecouter le carillon

PRESENTATION

Le petit sanctuaire qui constitue l'un des plus beaux spécimens d'églises romanes de l'Aude, s'élève au Sud du bourg après en avoir été le centre. Il est classé monument historique depuis 1908.
Les plus anciens documents le mentionnant, datent de 1207.(1) Le chapitre d'Alet y percevait autrefois les " fruits décimaux " (denier du culte).
En 1317, lorsque le pape Jean XXII érigea l'abbaye de Saint-Papoul en évêché, dépendant de l'archevêché de Toulouse, Baraigne fut placé dans le nouveau diocèse de Saint-Papoul et y resta jusqu'à la Révolution.
Sainte-Marie de Baraigne est une des rares églises romanes qui soit encore debout dans notre département.
Admirablement conservée, restaurée avec soin, elle offre à l'archéologue un sujet d'étude vraiment intéressant.
Nous ignorons la date de sa fondation. La tradition raconte qu'elle est l'œuvre d'un seigneur de la famille de Buisson. C'est impossible. Le monument est nettement du XII° siècle et, à cette époque, la famille de Buisson n'était pas encore arrivée dans le pays.

Dimensions intérieures :

Longueur totale : 17m 29
Largeur dans l'oeuvre : 5m 10
Longueur de la nef : 8m 85
Largeur : 5m 10
Profondeur de l'abside : 5m 44
Longueur des 2 chapelles : 3m
Profondeur : 2m 50
Epaisseurs des murs : 1m
Eglise et château Face Est


L'ABSIDE

L'édifice, entièrement roman, est orienté de l'Est à l'Ouest.
Il se compose d'une abside et d'une nef flanquée de deux chapelles. Celles-ci qui matérialisent le transept sont des adjonctions du XIX° siècle.
L'abside, en cul-de-four, est éclairée par trois fenêtres en plein-cintre, évasées vers l'intérieur. Quatre colonnes engagées dans des dosserets et surmontées de chapiteaux ornés de feuillage, segmentent le fond de l'abside. Une série de cinq arcades part des doubleaux et retombe successivement sur les quatre dosserets. Les colonnes sont nettement en avant et ne supportent rien.

Eglise coeur Feuillage


LA NEF

La nef, voûtée en berceau, est flanquée de chaque côté, d'une chapelle voûtée de la même façon. Chaque chapelle prend jour par une fenêtre en plein-cintre. La partie de la nef correspondant aux chapelles forme une travée limitée par deux arcs doubleaux. Le premier divise la nef en deux travées inégales, l'autre sépare la nef de l'abside, c'est l'arc triomphal. Ces arcs, reposent sur des colonnes engagées avec bases circulaires. Seuls, les chapiteaux, quoique romans, ne paraissent pas avoir le même âge. Ceux de la nef très simples, semblent plus anciens, ils sont ornés de feuilles lancéolées et de dessins en spirales d'un aspect très archaïque. Les deux chapiteaux de l'arc triomphal sont ornés de feuilles larges plus compliquées.
La nef reçoit le jour uniquement par une large fenêtre percée dans le mur du fond et qui est formée de deux longues ouvertures en plein-cintre surmontées d'un oculus. Au-dessous de cette fenêtre, on remarque une petite porte, aujourd'hui bouchée.

Nef Portail


LE PORTAIL
L'ABSIDE EXTERIEURE

Le portail de l'église s'ouvre dans le mur de rive Sud, situé à 3m 40 du mur du fond, il mesure 1m 45 de large. C'est un plein-cintre surmonté d'un arc dont l'archivolte est ornée d'animaux, de têtes et de dessins en échiquier. Cet arc retombe sur deux colonnes surmontées de chapiteaux ornés de feuillage très simple. La base de la colonne de gauche porte deux têtes.
Malgré sa simplicité, cette porte est très belle.
Extérieurement, on remarque l'abside, qui est la partie la plus intéressante. Elle est ornée, au-dessous de la corniche, d'une série de petits arcs qui retombent, d'un côté, sur le contrefort et de l'autre sur un corbeau. Il y a trois corbeaux sculptés différemment, sur celui du Sud on voit un baril, à l'Est une tête de roi, au Nord un agneau. " Ba-Roi-Gne " . Est-ce l'ancêtre de l'anagramme?... Plus sûrement un hommage protecteur aux vignes, aux hommes, aux troupeaux de moutons qui peuplaient la région.

BA_ROI_GNE



TOIT-CHAPELLE-CLOCHER

Le toit a été rehaussé afin d'isoler la charpente de l'extrados de la voûte. Cette modification a eu pour résultat de masquer un chéneau circulaire, conduisant les eaux de l'abside jusqu'à deux petites gargouilles placées entre les contreforts de la nef.
Les chapelles existaient-elles dans le plan primitif? Un document datant de l'année 1725 semble indiquer qu'il y en avait tout au moins une.
De toute façon, elles étaient complètement démolies depuis longtemps, lorsqu'on restaura l'église. Elles ne figurent pas sur le plan de Dussan dressé vers 1866.
Un clocher à arcades surmonte le mur du fond. Originairement de forme rectangulaire, il est devenu triangulaire, par des additions écroulées sur les côtés et peut-être au couronnement. (voir photo)


Evolution du clocher


LE CARILLON
En 1995 une troisième cloche a été installée au sommet.
Bénie le 6 mars 1995, "Marie" compléte le carillon électrifié.

Voir Reportage.
Ecouter le carillon
La nouvelle cloche Clocher et tour du château

A côté de l'église, se trouve le vieux cimetière où l'on remarque encore quelques croix anciennes en forme de disques. L'une de celles-ci, plus curieuse que les autres, a été abritée dans l'église au début du siècle par les soins de M. le curé de Baraigne.(4)

Voir Les Stèles de Baraigne.
L'Eglise et le vieux cimetiére
Ph. Ed.Zodiaque


Addenda

(1) Doat, t. 83, f. 41 et 15 f. 295. Recueil de documents concernant l'abbaye cistercienne de Boulbonne au diocèse de Mirepoix.
(2) Nous avons trouvé aux archives de l'Aude, un procès-verbal de la visite de Baraigne, en 1725, par l'évêque de Saint-Papoul ; nous croyons utile d'en transcrire les principaux passages, car ils nous donnent l'état exact de l'église :
"Aujourd'hui, vingt unième du mois d'octobre, l'année mil sept cent vingt cinq, nous Jean Charles de Ségur, évêque et seigneur de Saint-Papoul... Le tabernacle est en bon état, il y a un ciboire et un soleil dont le croissant n'est pas doré. L'impériale qui couvre le maître-autel est sur le point de tomber... Le chœur de l'église est voûté, un tiers de la nef du côté du chœur est aussi voûté, le reste n'est ni voûté ni lambrissé et le toit a besoin de réparations. Il y a au fond de l'Eglise une espèce de tribune qui est très indécente et sur le point de crouler. La nef n'est point pavée. Il y a une chapelle de Saint-Antoine du côté de l'Evangile en très mauvais état, sans pierre sacrée, sans crucifix, sans marchepied. Il n'y a point de sacristie... L entrée du cimetière n'est ni fermée, ni grillée... ". (Arch. Aude, G. 267, n°5).
Un autre procès-verbal de visite faite par Daniel Bertrand de Langle (11 octobre 1741), nous dit que le clocher n'est pas achevé, mais qu'il y a deux cloches. L'Eglise est toujours en mauvais état (Arch. Aude G.267, n° 14).
Le procès-verbal d'une visite faite le 16 oct 1775 par Guillaume Joseph d'Abzac de Mayac, constate que tout est à peu près en bon état. (Arch Aude, G. 267, n°15).
(3) Dussan Eglise de Baraigne dans Revue archéol. du midi de la France, 1866-67, 1° partie, p. 138-140.
(4) Docteur Charles Boyer - Excursion Archéologique dans la Piège - Baraigne 1933.
(5) Hypothèse basée sur l'architecture des églises de la région de la même époque.


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