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TERMINOLOGIE TYPOLOGIQUE DE LA CROIX
D'après l'étude de Léo BARBE
(Bulletin de la Fédération Archéologique de l'Hérault 1979)

III - PREMIERES MODIFICATIONS FORMELLES

Bien que pratiquement contemporains des précédents, les types envisagés ci-dessous ne sont plus la simple figuration graphique d'un instrument de supplice même si ce dernier n'est figuré qu'en tant que symbole de victoire du mort. Le dessin en est, bien que sans intention ornementale ou artistique, déjà plus complexe de même que la signification; ils proviennent d'autre part de symboles antérieurs.

CROIX PATTÉE : se dit d'une croix dont l'extrémité seule des branches est légèrement évasée utilisée souvent à tort pour caractériser des croix dont les branches s'évasent depuis la croisée.

 

(environs de Pampelune d'aprés Frankowski)

CROIX ANCRÉE : se dit d'une croix dont l'extrémité des branches, fendue, se recourbe pour former deux crochets simples rappelant l'ancre des navires.

 

(d'après Colas).

CROIX CERCELÉE : on peut dire aussi en héraldique recercelée. C'est une extrapolation de la précédente dont les crochets se sont développés et refermés comme l'extrémité des crosses épiscopales.

(Croix manuelle à branches divergentes, gemmée et recercelée, pilier wisigothique, Musée de Narbonne)

CROIX A BRANCHES ÉVASÉES : nous avons créé cette typologie pour éviter des confusions fréquentes jusqu'ici avec la croix pattée et la croix de Malte. Il s'agit d'une croix généralement à branches égales mais qui peut être de type latin et, on doit le préciser, dont les branches à bords rectilignes s'évasent progressivement depuis la croisée. La base des branches pouvant être de forme variable, on précisera si elle est rectiligne, concave ou convexe, cas les plus fréquents lorsque la croix est inscrite dans un cercle (discoïdales).

(Stèle discoïdale, support bénitier église d'Aulès-Doazit Landes).

CROIX A BRANCHES CURVILIGNES : cette terminologie nous a paru nécessaire également pour éviter des confusions qui se faisaient fréquemment, lexiques, glossaires et autres dictionnaires n'ayant, semble-t-il, rien proposé. Nous entendons par là des croix dont les branches sont formées de lignes courbes. Comme pour les croix à branches évasées on précisera si la base des branches est concave, convexe ou rectiligne.

(Croix à branches curvilignes avec bases concaves, cimetière abandonné de Pardiès-Peyrehorade, Landes - Collection privée)

CROIX POTENCÉE : c'est une croix à branches égales, celles-ci étant constituées par autant de croix en tau, crux patibulata, qui était bien la potence la plus classique aux premiers temps du christianisme.
Croix dite de Jérusalem où une croix potencée est cantonnée de croisettes qui peuvent être également potencées.

(Musée de Cluny, Paris)

CROIX RECROISETÉE : dérive de la croix grecque, comme la précédente, en ce sens que les branches sont égales mais constituées cette fois par des croix grecques ou latines.

(Stèle discoïdale de Lecumbery, Pyrénées-Atlantiques).

CROIX A DOUBLE TRAVERSE : de type latin, mais avec deux branches transversales, la plus élevée étant la plus courte et provenant sans doute du titulus qui, sur la croix du Christ, rappelait le titre dérisoire que lui donna Pilate. On évitera la terminologie « croix de Lorraine » trop spécialisée, comme celle de « croix patriarcale ».

(Stèle discoïdale de Larressore, Pyrénées-Atlantiques).

CROIX CLÈCHÉE : se dit des croix dont les branches ressemblent à des anneaux de clefs d'époque gothique. Le type le plus connu est la croix de Toulouse. Il faut savoir toutefois que cette dernière figuration est variable au point par exemple que certaines croix de Toulouse ne sont justement pas cléchées, ainsi sur les monnaies du Marquisat de Provence au XIIe siècle de même que sur de nombreuses stèles discoïdales. On remarquera que le terme de cléché faisant référence à un anneau de clef, sous entend de ce fait le terme de « vidé » qui est souvent ajouté et constitue alors un pléonasme malheureusement fréquent.

(Croix à branches égales, cléchée et bouletée de St Michel de Lanés, Aude).

CROIX POMMETÉE : A la croisée un petit nimbe vidé en forme de croix grecque.

(Stèle discoïdale Mfr11 Montferrand, Aude).

CROIX BOULETÉE: Croix grecque vidée et triplement bouletée à douze pointes, plus connue sous le nom de croix de Toulouse.

(D'après Dieudonné)

CROIX PERLEE : ces trois terminologies qui ne peuvent être synonymes ont été justement utilisées toutes trois pour la croix précédente et doivent donc être précisées. Nous proposons un critère de dimension:
La première terminologie est à utiliser lorsque le motif ornant l'extrémité des branches atteint un diamètre supérieur à l'épaisseur de la branche. Le terme bouleté s'emploiera pour des motifs d'un diamètre égal ou inférieur à la largeur de la branche. Quant à celui de perlé, il sera réservé à de très petits motifs proportionnellement toujours à l'épaisseur de la branche. Il faudra parfois préciser, le cas échéant, que ces motifs peuvent être attenants à la croix par l'intermédiaire de courts segments.

(Croix huguenotte)

CROIX NIMBEE : se dit d'une croix de quelque type que ce soit, lorsqu'un disque de dimension variable est figuré à la croisée, que ce soit en avant, en arrière ou dans le même plan que les branches. Ce nimbe peut être évidé partiellement dans les quatre cantons comme les croix irlandaises du Haut Moyen Age où il ressemble à une couronne, il n'en est pas moins un nimbe et aucune filiation iconographique ne permet d'envisager une couronne.

(Auzier près de Moustier-Ventadour, Corrèze).

CROIX DISCOIDALE : terminologie à utiliser pour des monuments n'ayant pas vocation funéraire, où les branches supérieures de la croix sont remplacées par un disque plein ou partiellement évidé.

(Croix de pont à Fanjeaux, Aude)

CROIX TREFLEE : du latin trifolium, trois branches au moins se terminent chacune par trois feuilles arrondies.

CROIX FLEURONNÉE : on entend par là une croix dont l'extrémité des branches s'orne d'un fleuron, c'est-à-dire d'un bouton de fleur.

(Monnaie capétienne)

CROIX FLEURDELISÉE : on utilise cette terminologie pour les croix dont l'extrémité des branches est ornée cette fois d'une fleur de lys, parfois plus ou moins stylisée. Lorsque cette fleur de lys est richement travaillée, comme dans les armes de la ville de Florence, on dit parfois aussi : florencée, mais la terminologie fleurdelisée nous paraît suffisante en évitant une appréciation qui reste subjective.

(D'après Dieudonné)


IV - TERMINOLOGIE DE DIFFERENTES TYPES DE CROIX EN FONCTION DE L'USAGE
V - TYPOLOGIE DES CROIX EMBLEMES D'ORDRE RELIGIEUX ET D'HERESIES
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