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TERMINOLOGIE TYPOLOGIQUE DE LA CROIX
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D'après l'étude de Léo BARBE
(Bulletin de la Fédération Archéologique de l'Hérault 1979)


 

Des symboles qui figurent sur les stèles discoïdales, le plus fréquent est sans contexte la croix qui peut se présenter sous des formes multiples; c'est dans l'interprétation de sa typologie et de sa terminologie que semble régner la plus grande confusion; certains se sont trompés en réutilisant sans contrôle des qualifications inexactes utilisées antérieurement, d'autres, par légèreté, parce qu'ils ne voyaient pas d'importance en cela, d'autres parce que cela cadrait bien avec leurs théories, d'autres enfin parce que la terminologie utilisée jusque là péchait par insuffisance de définition et de précision.
Pour ne faire de peine à personne nous ne donnerons pas la référence des utilisations abusives, fautives ou mal comprises que nous avons rencontrées à ce jour; une étude entière serait sans doute nécessaire sans prouver beaucoup plus, mais nous conseillons à chacun d'apporter les corrections nécessaires au fur et à mesure afin que les utilisations ultérieures ne soient pas fondées sur des bases branlantes.
Il n'en restera pas moins que le symbole de la croix étant souvent traité par des artistes dont les facultés d'invention sont presque infinies et dont on connaît par ailleurs l'aversion pour toute règle, codification ou impératif qui brimeraient leur génie créatif, nombre de croix se trouveront de ce fait en dehors des normes d'une terminologie pour aussi bien codifiée qu'elle soit.
Ce n'est pas une raison pour jeter le manche avant la cognée et pour limiter les inconvénients auxquels nous avons fait allusion, nous allons tenter de mettre sous la main de l'utilisateur une liste typologique utilisant autant que faire se peut la terminologie la plus courante jusque là mais après avoir vérifié son bien fondé, précisé ses limites, créé le cas échéant les termes faisant défaut, signalé et déconseillé les cas litigieux, enfin, après l'avoir accompagnée de suffisamment d'illustrations pour qu'elle soit facilement préhensible et sans confusions possibles désormais.

I - LES ARCHETYPES

Remontant à l'antiquité chrétienne, décrits par les chroniqueurs de l'époque, retrouvés figurés dans les catacombes, ils sont la base de toutes les variétés décoratives ou symboliques conçues par la suite et ne posent pas beaucoup de problèmes.
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CROIX GRECQUE : quadrata des auteurs de l'antiquité. Elle est caractérisée par des branches égales et rectilignes. De par sa symétrie parfaite, c'est le type qui a le plus tenté artistes et symbolistes.
Croix latine
CROIX LATINE : capitata des auteurs anciens, afin de la distinguer du type suivant, peut-être plus ancien, qui, lui, n'a pas de tête. Latine parce que utilisée beaucoup plus par les chrétiens du monde latin que par les chrétiens orientaux de langue grecque. La branche inférieure doit être sensiblement plus longue que les autres, c'est pour cette raison que les héraldistes disent « croix haussée », mais cette terminologie doit leur rester particulière.
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CROIX EN TAU : du nom grec de la lettre T qui la figure parfaitement: C'est la croix patibulata des anciens, gibet le plus fréquent pour les criminels de l'époque. La plus ancienne connue en tant que figuration de crucifixion, celle du Palatin, connue sous le nom de crucifix blasphématoire utilise la croix en tau.
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CROIX GAMMÉE : gammata parce que les branches égales et coudées semblent être constituées par autant de lettres gamma majuscules. Antérieurement au christianisme, cette figuration existait déjà en tant que symbole solaire. On la nomme svastika quand elle paraît dotée d'un mouvement dextrogyre et sovastika quand le sens est rétrogyre, mais cette terminologie ne peut être utilisée qu'en contexte indubitablement païen ou antérieur au christianisme. Pour les chrétiens qui ont utilisé ce symbole en période de persécution parce qu'il arborait la croix en la camouflant, c'était bien une croix « gammée » et non un symbole solaire. Peut-être ont-ils vu également dans les branches secondaires un symbole des quatre évangiles unis à la croix du Christ, de même que dans les quatre points qui cantonnent souvent la croix grecque et jusqu'à la croix latine; ce n'est là qu'une hypothèse, mais il est de fait que jusqu'à la Renaissance le symbole tenait une place que nous ne pouvons imaginer aujourd'hui.
Croix St Andre
CROIX DE SAINT ANDRÉ : parce qu'elle fut celle du supplice de ce disciple de Jésus qui, fixé sans clous, y mourut au bout de deux jours. Son nom dans les textes anciens est decussata, soit parce qu'elle ressemble à une croix grecque renversée, soit peut-être aussi par sa ressemblance avec le decussis: X, signe figurant le nombre 10.
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CROIX DE SAINT PIERRE : on donne ce nom à une croix latine inversée la tête en bas, en raison du martyre de Pierre qui ne voulut pas avoir l'honneur de mourir comme le Christ et demanda à être crucifié la tête en bas selon la tradition. On a dit également qu'il mourut crucifié horizontalement et l'on connaît des figurations de croix latines horizontales. Quoi qu'il en soit, ces deux types sont très rares.


II - PREMIERES EVOLUTIONS SYMBOLIQUES
III - PREMIERES MODIFICATIONS FORMELLES

IV - TERMINOLOGIE DE DIFFERENTES TYPES DE CROIX EN FONCTION DE L'USAGE
V - TYPOLOGIE DES CROIX EMBLEMES D'ORDRE RELIGIEUX ET D'HERESIES
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