Nouvelle cloche au carillon de Baraigne
(La Dépêche du Midi 6 Mars 1995)
La pittoresque église qui siège au cœur du village depuis le XIIe siécle était en fête pour la bénédiction de "Marie" sa troisième cloche flambant neuve.
II n'y a pas eu que de l'eau bénite qui s'est abattue, dimanche après-midi, sur la coquette église de Baraigne, touchée par des trombes d'eau célestes. Mais, malgré le ciel bas, la grisaille de ce premier dimanche de Carême, c'était jour de fête, sous les coups de 15 h 00.
Pensez Donc! Toute la population ("renforcée" par des amis des villages voisins) était réunie afin de bénir la nouvelle. cloche du carillon. Un véritable événement pour ces 150 personnes qui n'avaient d'yeux que pour "Marie".
3e cloche du village
C'est en effet au doux nom de "Marie" que répondra désormais cette troisième cloche du village, installée bien au chaud entre ses deux sœurs.
Mais avant, il fallait donc l'accueillir dans la plus pure des traditions chrétiennes.
Et la présence de Monseigneur Despierre montrait jusqu'à quel point cet avènement, en plein cœur du Lauragais, était important.
"C'est un jour de fête aujourd'hui, pour cette église qui honore votre village depuis le Xlle siècle, et qui fut édifiée en l'honneur de N.D. de l'Assomption dira l'évêque de Carcassonne. Vous montrez que la foi des chrétiens est bien enracinée dans ce terroir."
Dans la petite église de Baraigne, bondée comme jamais, ces mots résonnaient aux oreilles de toute une population fière et heureuse, à, l'image du conseiller général, M. Brousse et du maire, M. Louis Faure. lequel souhaitait que
" notre carillon transmette un message de paix et d'amitié jusqu'aux villages voisins. "
La musique de Dieu
La chorale chantera alors plusieurs cantiques pour la gloire de "Marie", au bronze scintillant. Brillant de mille feux, elle illuminait la paroisse alors que Monseigneur Despierre reprenait la parole avant la bénédiction proprement dite.
" Au-delà du message chrétien qu'elle nous transmet, cette cloche va avoir une place importante dans la vie du village tout entier.
L'agriculteur, le maçon, la mère de famille vont vivre a son rythme et celui de ses deux sœurs. La solitude des personnes âgées est moins pénible quand on entend le tintement des heures au clocher du village. C'est la musique de Dieu. Bien sûr, si le clocher restait muet, la vie continuerait. Mais avouons qu'il nous manquerait quelque chose... Et pas seulement aux chrétiens.
N'oublions pas d'ailleurs, que ce ne sont pas les chrétiens qui ont inventé la cloche. Ce sont les Chinois, 2.000 ans avant Jésus Christ.
Cela fait donc 4.000 ans qu'elles existent. C'est une tradition enracinée dans la culture de tous les peuples."

Chacun écoutera ce discours religieusement. A commencer par le parrain et la marraine, assis juste à côté de "leur" cloche, qu'ils n'ont pas quitté des yeux.
Et lorsque l'Abbé Delpech donnera la parole à la marraine, dont la maison est juste à côté du clocher, ce n'est pas sans émotion qu'elle s'adressera à "Marie".
"Tu manquais à notre clocher qui, à l'époque comptait trois cloches. Mais, au fil des temps, il n'en est resté que deux. Aujourd'hui, nous remettons donc les choses à leur place. Et quand tu sonneras l'Angélus, tu nous feras penser à la Sainte Vierge."
La Vierge Marie, qui fut toujours à l'honneur à Baraigne ne sera donc que plus présente dans les rues du village, qui n'est pas. près d'oublier ce 5 mars 1995.
Et lorsque ses premiers sons ont inondés l'église (chacun ayant pu la faire sonner après le parrain et la marraine bien sûr), c'est tout le Lauragais qui saluait la mère du Fils de Dieu

Th.OYARSABAL
Evêque
Monseigneur Despierre
"C'est la musique de Dieu..."


Cloche"Marie" 3e cloche de Baraigne

Marraine-Parrain
La marraine et le parrain

Photos JC Plancade


Edition :