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LE CHATEAU
  Description
Les premiers Seigneurs
Branche de Baragne ou de Beauvoir
Branche de Roquette-Buisson
Un siécle de photos

DESCRIPTION

Le château de Baraigne est construit sur une petite éminence dominant le village, à 300m à l'ouest du bourg.
Classé monument historique depuis 1948, sa construction est attribuée à Barthélémy de Buisson (1568-1622) seigneur de Baraigne.
Quelques parties sont plus anciennes mais ne paraissent pas remonter plus loin que le 15°siècle.
Commencée en 1975 et terminée aujourd'hui, on doit à l'actuel propriétaire une profonde et parfaite restauration alors que l'édifice était quasiment ruiné.
Le plan primitif a été modifié, ainsi qu'en témoigne des traces très nettes d'agrandissement vers le Nord. La porte qui se trouvait d'abord au milieu de la façade orientale, a été rejetée sur la gauche. (1)
Le monument, Renaissance, délimite un vaste quadrilatère, flanqué de trois tours d'angle et nanti d'une cour intérieure. L'ensemble était ceinturé par des douves.
A l'est, la porte d'entrée, en plein cintre, s'ouvre dans le mur d'enceinte. Elle présente encore deux longues rainures qui constituent les restes d'un pont-levis. Cet accès est défendu par une puissante bretèche, supportée par quatre consoles.
L'ouvrage défensif est percé d'embrasures qui devaient être utilisées pour les tirs de mousquetaires. De part et d'autre de la porte, courait, côté cour, un chemin de ronde dont les seuls vestiges sont matérialisés par quatre canonnières.
Les deux tours d'angle sud, de forme circulaire, sont protégées par quelques canonnières. Celles-ci, réparties sur deux étages, sont rectangulaires à l'extérieur, et circulaires à l'intérieur. Ce type d'embrasure est caractéristique de la fin du XVIe siècle. On décèle, en outre, de petites embrasures à mousquet, dans les parties inférieures des tours.
L'angle nord-ouest est flanqué d'une tour carrée, de plan irrégulier.

Façade Nord-Ouest
Machicoulis

La façade sud présente les restes d'un mâchicoulis. La façade nord comporte, outre des baies très remaniées, une petite corniche, sur sa partie supérieure. La façade ouest comprend une fenêtre à meneaux croisés et une petite archère.
Enfin, une tour d'escalier octogonale a été ménagée à l'angle nord-est de la cour intérieure. L'embrasure de la porte d'accés à cette tour de style néo-grec est tout à fait remarquable et également caractéristique de l'époque Renaissance.
C'est là certainement la partie la plus intéressante du château. (2)
Par cette porte on accéde à la partie nord de l'édifice aujourd'hui totalement restaurée. On peut y découvrir les cuisines, mais surtout la salle des gardes.
Flanquée au nord d'une majestueuse cheminée cette immense salle au magnifique plafond boisé est construite sur neuf "crozes" taillés dans le roc. Ces citernes ovoïdes d'environ deux mètres de diamètre étaient destinées à conserver les récoltes du propriétaire.
Des visites sont prévues l'été. On peut se renseigner sur place.(Propriété privée)

Le château en hiver
Façade Ouest

Le château appartient aujourd'hui à la famille Le Garsmeur qui a acheté la propriété en 1974 à Monsieur du Lac. Lui-même le tenait par héritage de Mlle de Lavalette, sa tante par alliance.
Mais la propriété appartenait autrefois à la famille de Buisson continuée par celle de Roquette-Buisson. Cette famille illustre a donné des seigneurs à Baraigne, pendant près de quatre siècles et ses armes légèrement modifiées, sont devenues les armoiries de Baraigne.

LES PREMIERS SEIGNEURS

La famille de Buisson, probablement originaire du château d'Alleuze, près Saint-Flour (1), apparaît dans la région du Lauraguais à la fin du 14° siècle.
Pierre de Boysson, seigneur de Vaureilles, coseigneur d'Auben, épouse, le 2 des nones de février 1399, Claire Mancip, fille de Bernard, seigneur de Beauteville, Cailhavel, etc., et de Vassalède de Lauzière.
Les Mancip possédaient-ils à cette époque la terre de Baraigne ? C'est fort probable, mais rien ne nous permet de le certifier. Jean, son fils, qui vécut entre les années 1456 et 1470, n'est pas non plus signalé comme seigneur de Baraigne. Il faut arriver au descendant de ce dernier, pour trouver nettement indiqué la possession de Baraigne par la famille de Buisson.
Jean de Buisson est désigné comme seigneur de Beauteville, Miramont, Beaumont, Baraigne, Ausonne, le Plégat, Ichaussas, Baziège et Montmaur. Il est capitoul de Toulouse en 1483 et 1484 et de 1490 à 1492.
Marié en 1480, à Catherine de Restes, il testa, le 28 septembre 1515 et fut enterré dans l'église des Cordeliers de Toulouse. La pierre tombale qui recouvrait ce monument est au Musée de Toulouse. Il eut deux fils et une fille. Son fils Hugues, est l'auteur de la branche Baragne-Beauvoir, qui a été substituée dans la famille Roquette-Buisson.

BRANCHE DE BARAGNE OU DE BEAUVOIR

Hugues de Buisson écuyer, seigneur de Montmaur, Baragne, Cailhavel, Boussenac, Peyre de Naurouze et Airoux, épousa le 9 février 1508, Anne de Lauret, fille du premier président Bernard de Lauret et d'Isabeau de Saint-Félix. Il dénombra ses fiefs en 1517, fut capitoul en 1523, acheta une terre à Cailhavel à la reine Marguerite de Valois, le 2 mars 1524, et testa le 29 juillet 1528, laissant l'héritage à son fils Jean.
Jean de Buisson, seigneur de Baragne, Cailhavel et Boussenac, capitaine dans les armées du roi, rendit hommage pour la justice haute, moyenne et basse de ses trois seigneuries, à Catherine de Médicis, en 1550 et 1551 (3). Il épousa le 13 septembre 1551, Peyroune de Plaigne, fille de noble Michel, seigneur de Ferriol et de noble Françoise de Narbonne. Il passa acte de partage avec ses frères Jacques et Etienne, le 2 avril 1547 et testa le 29 juillet 1568, laissant l'héritage à son fils Barthélémy.
Barthélémy de Buisson, seigneur de Baragne, Cailhavel et Boussenac, reçut les reconnaissances de Baragne, le 14 avril 1613, épousa le 1er juin 1613, Jeanne de Noé, fille de Roger de Noé, chevalier de l'Ordre du Roi et de Françoise d'Odet, baronne de Benque. Il testa le 17 juillet 1622, laissant la seigneurie à son fils Pierre.
Pierre de Buisson
, seigneur de Cailhavel, épousa en 1617, Jeanne d'Antiquamérata. Il testa le 15 septembre 1617 et à sa mort laissa deux enfants qui moururent en bas âge. Par suite de ce décès, Jeanne de Buisson, sa sœur, mariée à François de Roquette seigneur de Magrens, recueillit l'héritage. Elle devait faire porter le nom et les armes de la maison de Buisson au premier mâle qui naîtrait.


BRANCHE DE ROQUETTE-BUISSON

François de Roquette, seigneur de Magrens, né le 18 janvier 1601, reçu chevalier de Malte en 1618, servit aux armées. Il prit part au siège de Saint-Jean d'Angély, y fut blessé, se retira du service et épousa le 22 octobre 1623, Jeanne de Buisson. Il testa le 4 novembre 1636 et sa femme le 12 mars 1662. Il laissait, comme successeur, son fils Antoine.
Antoine de Roquette-Buisson, seigneur de Magrens, Baraigne, Cailhavel, Boussenac, né le 4 décembre 1632, servit le roi dans la seconde compagnie des Mousquetaires, de 1660 à 1662. Il rendit hommage le 6 avril 1666, dénombra ses biens le 21 décembre 1667 et testa le 26 juin 1694, laissant ses biens à Bernard et la succession à Louis.
Louis de Roquette-Buisson, baptisé le 25 octobre 1668, seigneur de Magrens, Cailhavel, Boussenac, Baraigne, d'abord lieutenant au régiment de Normandie, puis blessé à Phalsbourg en 1668, capitaine au régiment de Royal-Vaisseaux, suivit le roi dans ses guerres d'Allemagne. Etant en résidence à la Roche (Luxembourg), il épousa, le 28 octobre 1689, Pétronille d'Odeignie, fille du seigneur de Waillimont et de Gérardisle. Blessé dangereusement au siège de Chivas en 1705, il rentra en France et passa les actes post-nuptiaux de son contrat de mariage le 27 mai 1707.
Il partagea avec ses frères, le 3 octobre 1701. Il vivait encore en 1725. Son fils aîné lui succéda.
Bernard, dit le comte de Roquette-Buisson, seigneur de Baragne, Cailhavel, Boussenac, Magrens, Labruguière, resta sur ses terres; il épousa le 29 avril 1725, Bernarde de Roquette, née le 14 juin 1705, dame de Labruguière et d'Arse; il rendit hommage au roi le 1er juin 1758, eut de nombreux procès et ne quitta pas son pays. Il eut pour successeur son fils Jean-Louis-Joseph.
Jean-Louis-Joseph, dit le marquis de Roquette-Buisson, seigneur de Baragne, Cailhavel, Boussenac, Magrens, Labruguière, Arse, et après son mariage de : Rogles, Angravier et Sainte-Croix, prit part aux Assemblées de la noblesse de 1789, vécut sur ses terres et mourut le 28 octobre 1794. Il avait épousé le 21 juillet 1760, Anne-Josèphe de Montfaucon de Rogles, fille de Jean-Baptiste, seigneur de Rogles, chevalier de Saint-Louis, et d'Antoinette de Raymond Lasbordes.
Sa femme, qui ne mourut que le 15 janvier 1815, resta, durant toute la période révolutionnaire, à Rogles où son mari fut enterré mais, durant ce temps, les révolutionnaires pillèrent Baraigne et brûlèrent une grande partie des archives.
Nous arrêtons là la généalogie de cette illustre famille, qui s'est perpétuée jusqu'à nos jours .(4)


Un siécle de photos


En 1890 1°photo
En 1920 1° carte postale
En 2002 1° vrai restauration

Bibliographie
(1) Docteur Charles Boyer - Excursion Archéologique dans la Piège Baraigne 1933
(2) MB Marty-Jeanjean - Vilatges Al Pais dans la Piège - Conseil Général de L'Aude 1997.
(3) Archives Aude B. 1882
(4) J. Ramière de Fortanier, op. cit, p. 125, donne quelques renseignements intéressants sur les Seigneurs de. Baraigne. Nous croyons utile d'en extraire l'essentiel.
A Baraigne, ils avaient un château avec 14 arpents de terres nobles et un moulin à vent avec jardin. La seigneurie directe possédée en entier; leur rapportait 22 setiers 8 quartières 1 lieural 3 coups de blé. mesure à carton, 5 livres 3 sols 9 deniers et 3/4 de geline. Chaque habitant leur devait, pour droit de fouquier, une geline et 5 œufs; chaque habitant devait une journée de courroc, plus 7 quartières d'avoine s'il labourait avec des bœufs, et la moitié seulement s'il labourait avec des chevaux. A Cailhavel, ils avaient 36 seterées de biens nobles, dans lesquels avait 'existé un vieux château; l'entière seigneurie directe leur rapportait 3 setiers 3 quartères 1 lieural blé, 5 setiers 3 quartières 2 lieurals 1 coup d'avoine, 1 livre 10 sols, 3 deniers, 6 gelines 3/4. Le droit de fouquier ne montait qu'à une geline et les droits de courroc à sivadieu à 1 journée de travail et 2 quartières d'avoine, indistinctement.

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