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LE LAURAGAIS 1900
MOLLEVILLE
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A l'aube du 21°siécle, je vous propose un dernier regard sur quelques villages du Lauragais au début du 20°siécle, à travers quelques vielles cartes postales et l'histoire de l'époque...

MOLLEVILLE en 1900
129 habitants. Canton de Salles-sur-l'Hers, Arrondissement de Castelnaudary (Aude)
Altitude 284 métres.
HAMEAU EN DÉPENDANT : Cammas de Raucoules.
DOMAINES : L'Héritier (MM. Sié et Marquier). - Les Menetx (Mr Aybrard). - Le Moulin de l'Eau (ancien moulin sur la Ganguise - (Mr Feilhès).
DISTANCES : de Salles-sur-l'Hers, 6 kilomètres. - de Castelnaudary, 12 kilomètres.
FETE LOCALE : le 11 Novembre.
MOYENS DE TRANSPORT : Chemin de fer du Midi, ligne de Bordeaux à Cette, gare de Mas-Saintes-Puelles à 5 kilomètres.- Tramway à vapeur de l'Aude, ligne de Castelnaudary à Belpech, gare de Cumiès-et-Payra à 5 kilomètres.

Molleville 1

MOLLEVILLE s'élève sur la crête d'une colline du massif de la Piège, en Lauragâis, dominant au Sud la vallée de la Ganguise et, au Nord, la vallée du Gardissol. Réservoir d'eau construit en 1909 avec fontaine, bassin, lavoir et abreuvoir à l'entrée du village, en avant du hameau du Cammas de Raucoules.
Moulin à vent (Mr Calvet) sur un pic isolé de la vallée de la Ganguise.
Produits : Blé, maïs, fourrages.

 

L'ancien Château seigneurial, bien conservé, propriété de Mr Serres, est situé à l'Est du village. Il forme un parallélogramme,
flanqué de quatre tours carrées. Sa construction primitive remonte au XIIIe siècle, mais il â été entièrement transformé en 1741. En avant du château, du côté de l'Est, s'élève un bel ormeau séculaire. On y voit aussi le vieux pigeonnier seigneurial. A cet aspect, l'entrée du château est précédée d'une cour entourée de murs crénelés. Au-dessus de la porte d'entrée de la cour, à plein cintre, est sculpté un magnifique écusson portant les armes de Molleville, surmontées d'un casque empanaché « d'or à un cerf de gueules chargé d'un olivier de sinople et un chef d'azur chargé d'une étoile d'argent, accosté de deux coquilles d'or ». Ces armes sont aussi gravées sur l'ancienne porte d'entrée à plein cintre, murée, visible dans l'angle Sud de la façade Ouest. Machicoulis au haut de la façade donnant sur la cour. Dans l'intérieur, rampe d'escalier en bois de chêne avec barreaux sculptés.

Molleville 2

HISTOIRE : Le village de Molleville est surtout connu en France par le nom de son dernier seigneur Bertrand de Molleville (Antoine François), ministre de la Marine sous Louis XVI, né en 1744 à Toulouse et décédé en 1818.
Son coeur et celui de son épouse, ont été enfermés dans une chapelle située à 100 mètres du village. Elle s'élevait autrefois à l'Ouest du village, avenues de Baraigne et de Belflou, sur l'emplacement où se trouve aujourd'hui la statue de N.-D. de Lourdes.

Au pied du socle est enterré Mr Nougarède, décédé en 1859, fermier de la famille de Molleville.
Cette chapelle était encore au XIXe siècle la propriété du fils de Bertrand de Molleville, le Marquis de Molleville.
Construite à la même époque que le château vers 1700, elle appartenait en 1900 à la famille de Fumel.
Une légende nous apprend qu'il y avait prés de la chapelle, une statue de la Vierge et une fontaine dont l'eau opérait des guérisons miraculeuses. De nombreux pèlerins venaient des environs, et trouvaient la guérison de leurs fièvres en buvant de son eau dans laquelle ils pulvérisaient un peu de la dite statue, qui renouvelait sans cesse ses pertes.
Vierge miraculeuse

Dés le milieu du XIIIe siècle, Molleville possédait des consuls au nombre de trois, d'aprés l'acte du Saisimentum.
En 1378, comme en 1394, il est imposé sur le nombre de deux feux .(1)
En 1533, dans les Recherches du diocèse de St Papoul, concernant la communauté de Molleville, Claire de Chaussenoux, seigneuresse de Villelisses, arrière petite-fille d'un Capitoul de Toulouse, est dame du lieu dont elle possédait toutes les juridictions, haute moyenne et basse, suivant l'aveu qu'elle en fît en 1551, à la Reine de Médicis, comtesse du Lauragais. (2)
A l'époque des recherches, Claire de Chaussenoux n'y possédait qu'une maison et des terres toutes roturières.
Le village était entouré de deux faubourgs l'un au Cers l'autre au Marin, ne se composait que de quatorze maisons dont certaines étaient occupées sumultanément par plusieurs propriétaires.
Dans les faubourgs, on relèvait des maisons surtout à l'usage d'exploitation rurale appelées Bordes. D'autres prennant le nom d'hostals. L'une d'elles possèdait un haras avec aire ou sol pour faciliter les saillies des juments et ânesses.
Puis elle nous apprennent qu'il y avait un moulin à moudre le pastel, culture très pratiquée dans le Lauragais dont elle fit la richesse depuis le commencement de la Guerre de Cent Ans jusqu'à l'introduction de l'Indigo (fin du XVIIe siècle).
Dans le Cammas des Rancoules, aujourd'hui hameau du même nom, noble Simon d'Harnave d'Hornollac, y tenait une motte ou élévation pour moulin.
En 1577 Jean Bertrand, capitoul de Toulouse, était seigneur de Molleville. (3)
Quoique ce village n'offrit pas de grandes ressources militaires ou stratégiques, on le voit occupé, en 1587, par le capitaine catholique Le Roy La Roquette. (4)
A Jean succéda François Bertrand, conseiller au parlement de Toulouse, qui fut délégué par ses collègues pour présider à la démolition des fortifications du Mas-Ste-Puelles. Il rencontra dans ce mandat de grandes difficultées. Ses ordonnances n'étant pas exécutées, le Parlement enjoignit à tous les consuls du Lauragais de fournir dans les trois jours le nombre de travailleurs et pionniers avec outils, instruments et vivres nécessaires et avec un nombre suffisant de soldats pour garantir leur sûreté pendant les travaux de démolitions. (5)
Le 27 juillet 1670, Simon Bertrand et son fils François ayant fait preuve filiative depuis François Bertrand, capitoul de Toulouse en 1531, furent confirmés dans leur noblesse par M. de Bezons, intendant du Languedoc. (6)
En 1760, on voit Marc-Antoine de Bertrand, marquis de Montesquieu, accorder des provisions à M. André Serres, avocat en Parlement , pour exercer la charge de juge ordinaire de ses seigneuries de Molleville et Sainte Camelle. Ce fut le père du ministre de Louis XVI. (7)
Cette maison portait : d'or, au chevron d'azur, chargé de trois fleurs de lys d'or accompagné de 3 roses de gueules, posées 2 et 1.
Devise : Dux Philippuz mihi, en mémoire de ce que Philippe de Valois leur donna les fleurs de lys. (Nobiliaire toulousain).
Elles sont devenues les armes de Molleville aujourd'hui. (8)

Plaque
L'Église est de style ogival, sa fondation date de l'époque romane. Le clocher, triangulaire, a été élevé sur le mur primitif; on y voit les deux anciennes ouvertures murées. Porte d'entrée à plein cintre moulurée. En avant de cette porte se trouve un montant indiquant qu'une autre entrée précédait. Piliers du coeur en pierre avec chapiteaux sculptés.
Dans la chapelle du Sud, Vierge antique en pierre, objet d'art de grande valeur.
Dans la chapelle Saint Joseph, au Nord, plaque en marbre, commémorative de la mort de : Louise-F. A. de Vernon, dame de Bertrand de Molleville, décédée à Barèges le 30 août 1820, âgée de 43 ans.
(Plaque trouvée dans le château).

(1) Recueil des Ordonnances de rois de France - Arch. de l'Aude - Série C.
(2) Recherches du Diocèse de St Papoul - B1982- Arch. de l'Aude - Série C.
(3) Nobiliaire toulousain par Brémond.
(4) Assiette du Diocèse de St Papoul- Arch. de l'Aude - Série C.
(5) Arch. de la Hte Garonne - B421 (aux archives du parlement).
(6) Nobiliaire toulousain par Brémond.
(7) Arch. de l'Aude - B.2207.
(8) Les Environs de Castelnaudary - Excursion du 7 juillet 1901 - Bulletin de la Société d'Etudes Scientifiques de l'Aude - H.Mullot.

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